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Index Open Data 2013 de l’OKFN : le chemin est encore long pour la Tunisie

Par Amin Khechine

(Cet article a été initialement publié sur le blog de l’auteur)

Après avoir publié l’index Open Data des pays du G8, l’Open Knowledge Foundation (OKFN) refait l’exercice à la veille du sommet international de l’Open Government Partnership (OGP) consacré aux questions de la transparence qui se tiendra à Londres à partir du 31 Octobre prochain, en publiant l’index Open Data de 70 pays pour lesquels des ONG ou contributeurs locaux ont pu aidé à la recherche des informations nécessaires.

C’est dans ce cadre que j’ai été amené avec des amis de l’OKFN et du groupe OpenGovTN à rechercher, recueillir, vérifier et renseigner les informations concernant la situation de la Tunisie en termes d’ouverture des données publiques. Vous pouvez consulter le classement complet via ce lien : https://index.okfn.org/country

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L’état des lieux

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L’index Open Data évalue tout d’abord la disponibilité et l’accessibilité aux données publiques dans différentes catégories telles que les budgets et les dépenses détaillées, les résultats des élections, les horaires des transports publics, les cartes et données de géolocalisation, le registre des entreprises, les statistiques nationales et les textes des lois. Mais l’index permet surtout d’évaluer si les données sont publiées dans un format et une licence permettant directement leur réutilisation.

Au vu des résultats des différents pays, on constate que certains pays sont déjà très avancés sur la question (UK, USA et les pays nordiques notamment), mais que pour de nombreux pays il y a encore beaucoup à faire.

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Qu’en est-il pour la Tunisie ?

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Sans surprises pour ceux qui suivent de près la question de l’ouverture des données publiques en Tunisie, le classement obtenu est moyen. La Tunisie est classée 48ème sur les 70 pays qui ont pu être analysés.

Focus sur le score obtenu : https://index.okfn.org/country/overview/Tunisia/

open data census 2013.

Les principales constatations à cet effet que nous pourrions faire sont les suivantes :

- Sur la plupart des catégories, les données publiques sont souvent disponibles et publiées. Néanmoins les données concernant les dépenses détaillées ne sont actuellement pas publiées. Ce sont pourtant des données clés pour juger de la transparence d’un état,  asseoir une confiance avec leurs citoyens et combattre la corruption à tous les niveaux.

- Si les données sont la plupart du temps disponibles, elles ne sont pour autant jamais mises à disposition dans des formats ouverts et sous une licence conforme à l’Open Definition permettant leur réutilisation directe par les différents utilisateurs possibles (entrepreneurs innovants, chercheurs, étudiants, …). Les données sont quasiment toujours publiées au format PDF, et parfois à un niveau trop agrégé et non pas à un niveau brut  tel qu’elles sont recensées.

- Enfin pour la plupart des données il n’y a pas d’indications claires démontrant leur mise à jour récente. Certaines données sont clairement non mises à jour, comme par exemple les informations sur les émissions de polluants qui n’ont plus été publiées depuis 2008.

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Des progrès depuis le 14 Janvier 2011 ?

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Depuis 2011 et la transition démocratique que vit la Tunisie, la question de la transparence a été un sujet de préoccupation majeur d’une grande partie de la société civile tunisienne qui a essayé par différents moyens de porter ce sujet à l’attention des décideurs publics et l’opinion publique. Le décret n°41 du 26 Mai 2011 a par ailleurs consacré le droit de l’accès à l’information pour les citoyens. Pourtant les progrès accomplis depuis, restent assez modestes. Au vu des recherches effectuées et des informations recueillies, la plupart des données étaient déjà publiées avant 2011. Seuls les budgets et les résultats des élections ont commencé à être publiés après 2011. Et même après 2011, on continue à publier la majorité des données au format PDF.

Il est vrai que des initiatives de plateforme Open Data ont été lancées depuis 2011, telles que http://www.data.gov.tn/ et http://interieur.gov.tn/. Mais les jeux de données publiés restent peu nombreux et ne couvrent pas des domaines d’un intérêt majeur. Il manque encore une réelle volonté politique, et une vraie stratégie globale pour traiter ce sujet de l’ouverture des données publiques en Tunisie. Les initiatives sont éclatées et correspondent rarement à ce qu’est véritablement l’Open Data (i.e données brutes, à un format ouvert et licence autorisant la réutilisation).

Cet index établi par l’OKFN a donc le mérite de montrer clairement aux différents acteurs (société civile, décideurs et citoyens) les axes de progression qui restent à accomplir en Tunisie à ce sujet, pour d’une part répondre à un besoin de transparence et confiance vis-à-vis des citoyens et d’autre part contribuer à encourager le développement de nouveaux services publics innovants.


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